Coup de coeur

Passion cinéma en Caraïbe


Sylvaine Dampierre
Sylvaine Dampierre

Varan Caraïbe forme depuis 2010 des réalisateurs caribéens, porteurs d’un nouveau regard sur les réalités et les transformations insulaires. Prenez-le temps d’aller fureter sur leur plate-forme, passionnante.

Les trois films qui suivent sont tous issus de la formation récemment menée en Guadeloupe. A défaut d’arpenter cette île, explorez son quotidien avec Rue Vatable de Mélissa Issorat, qui nous emmène dans une rue de Pointe-à-Pitre ; Amour béni de Kra Kouassi, portrait sensible de Benjy, père au foyer et Black Kiss de Mariette Montpierre, ou la passion de Bruno, marin-pêcheur, à la carrière contrariée par les sargasses, le scandale du chlordécone, et à qui on ne parle que de reconversion...

Cette formation Varan Caraïbe nous avait déjà offert de belles pépites lors d’une session en Guadeloupe, initiée par la réalisatrice Sylvaine Dampierre, dont nous admirons toujours le très beau Le pays à l'envers. A se procurer en DVD si la Guadeloupe vous est chère...

Les mots de Sylvaine Dampierre pour décrire son rapport au monde et au cinéma sont à relire dans son portrait sur BED, intitulé L'arpenteuse...

Le rapporteur d’images


Rapporteur d'images
Le rapporteur d'images - Nicolas Jouvin

Un merveilleux film de Nicolas Jouvin, à découvrir en intégralité sur Bed.
Nicolas, caméraman expérimenté, rencontre à la grande Comore Damed, réalisateur amateur, qui filme toute l’actualité de son île, avec les moyens du bord. Lorsque ce dernier montre ses images à Nicolas, celui-ci est subjugué. Damed, ne disposant pas de banc de montage, anticipe tout les plans et s’avère un génial bricoleur-filmeur, intuitif et talentueux.
Nicolas s’interroge à partir des images de l’ami comorien sur son propre métier de réalisateur. Il retourne filmer Damed, puis se bat pour qu’il obtienne un visa pour la France.
Récemment, tous deux ont convaincu l’INA de numériser tout ce fonds comorien, véritable mémoire de cette île.
L’histoire continue et Damed filme aujourd’hui les mariages de sa communauté exilée.

Nos coups de cœur sont féminins


Femmes contre Daech de Pascale Bourgaux
Femmes contre Daech de Pascale Bourgaux

A l’orée du 8 mars, journée de la femme, deux films étonnants sur le même sujet, les femmes combattantes au Kurdistan de Syrie et d’Irak. Deux films de réalisatrices qui n’ont pas froid aux yeux !

Le premier film, de Pascale Bourgaux, grand reporter à la RTBF, est accessible en intégralité sur le site de la chaîne Public Sénat et se focalise sur les femmes kurdes de la brigade YPJ qui combattent Daesh: à découvrir ici.

Le second film, sur le même sujet, est de Mylène Sauloy, dont nous avons fait le portrait sur BED.
C’est une réflexion au long cours que celle-ci nous propose, puisque les premières images tournées au Kurdistan datent de 1995, et qu’elle y est retournée à plusieurs reprises. Récemment, cet hiver, elle y revient encore, tentant de déceler dans le projet de démocratie égalitaire au Rojava, en Syrie, ce qui pourrait être un vrai germe d’espoir pour le Proche-Orient, qui , sinon, risque bel et bien l’implosion ... C’est aussi une façon pour elle de rendre hommage à Sakine Cansiz, cofondatrice du PKK, assassinée en janvier 2013 en plein cœur de Paris. Aux côtés de Ocalan, Sakine militait depuis plus de 40 ans pour une égalité hommes-femmes au sein des sociétés kurdes... gageons que d’autres voix ont pris sa relève !

Ce documentaire sera diffusé le mardi 8 mars, à 22H35 sur la chaîne ARTE. Un extrait à découvrir ici.

Juste une odeur : le talent sobre de Maher Abi Samra


A découvrir : le talent et la sensibilité du réalisateur libanais Maher Abi Samra, qui en moins de dix minutes, parvient à nous faire respirer l’odeur de la mort... Dans Juste une odeur, il opte en Juillet 2016 pour la sobriété. On est en plein conflit avec Israël, ce qu’on a appelé la guerre des 33 jours, au cœur de l’été...Noir et blanc, silences et fêlures, quand les vivants doivent rester debout au milieu des décombres. Si loin de notre société de consommation, qui refuse de garder les yeux grands ouverts.

Breiz Nevez sur Ciné-archives


Pour commencer l’année, un petit bijou de Ciné-archives, le fonds audiovisuel du PCF, qui met régulièrement en ligne des documents singuliers. Le document de 11’ s’intitule Breiz Nevez. On y entend en voix off Marcel Cachin, à l’époque sénateur et directeur de l’Humanité, nous commenter les durs travaux des pêcheurs et agriculteurs. Rien n’est oublié : ni les clochers décapités du pays bigouden, révolte des bonnets rouges oblige, ni la langue bretonne, capitale à ses yeux . Ce qui nous vaut une Internationale en breton !
Non, rien n’y manque : ni les danses folkloriques, ni les brodeurs mis en scène sur la lande ou les femmes en coiffe, « posées » dans les rochers.
Le discours de Marcel Cachin, également Président des Bretons émancipés de Paris, vaut aussi le détour : conforter le Front populaire, mais aussi défendre la culture bretonne et ses traditions... On était en 1938, à Pont-l’Abbé.