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Le voyage passionnant de Mirabelle Fréville


Le musée de Bretagne et la Cinémathèque de Bretagne se sont associées pour proposer un cycle sur le cinéma ethnographique aux Champs libres, voyage passionnant initié par Mirabelle Fréville, réalisatrice et documentaliste. Ce cycle débutera ce dimanche 12 décembre avec une rencontre autour de Nanouk l'esquimau de Robert Flaherty. Aiguisez votre curiosité avec quelques films du volet Peuples de l'Arctique sur BED.

 

Le cycle se poursuit le dimanche 30 Janvier 2022 avec Inuk en colère de la militante et cinéaste inuite Aletha Arnaqu-Baril. Puis une séance le dimanche 27 février autour des Papous et du film First Contact de Rob Anderson et Bob Connolly, et une séance finale le 23 avril autour de Eux et nous de Stéphane Breton, tourné chez les Papous. Là aussi, allez arpenter les films sur les Papous qui sont sur BED. Mais faites aussi tout pour suivre ce cyle passionnant, si vous avez la chance d'être de la tribu des Rennais ! Plus d'infos sur la Cinémathèque de Bretagne.

 

La Syrie en images


Pour toutes celles et ceux qui se sentent concernés par ce qui se joue en Syrie depuis dix ans, nous continuons de conseiller Rojava, une utopie au cœur du chaos syrien de Chris den Hond et Mireille Court. Mais ce n'est qu'une facette du pays. Pays dévasté, avec près de la moitié de la population qui a dû s'exiler, et près de 600 000 morts, que l'on ne peut oublier.  Nos médias en parlent peu souvent, alors nous suivons toutes les initiatives qui nous y ramènent.

 

Parmi celles-ci, le travail de Arte.tv qui propose de remarquables films documentaires : le bouleversant For Sama de Waab al Kateab, alors jeune étudiante syrienne ; le passionnant Watani : my homeland, tourné par le réalisateur allemand Marcel Mettelsiefen. Et bien d'autres titres.

 

Le salutaire festival Images des Migrations


Le festival Images des Migrations se déroule actuellement, en région parisienne, du 18 au 23 novembre 2021. Organisé par L'Institut Convergence Migrations, il propose cette année plusieurs cycles de films : l'enfance et de la jeunesse en exil, love in translation, exil et environnement.

 

Parmi les pépites proposées, Cœur de pierre de Olivier Jobard, qui suit pendant huit ans le parcours de Ghorban, jeune Afghan parti à douze ans de son pays. Olivier Jobard nous a proposé déjà sur BED Tu seras suédoise ma fille, co-réalisé avec Claire Billet. Autre parcours filmé, Midnight traveler, de Hassan Fazili, lui aussi Afghan, menacé par les taliban, et qui filme sa famille avec son téléphone portable pendant les trois années que dure leur errance. Un troisième film revient encore sur l'accueil d'Afghans en Finlande, Any Day Now, de Hamy Ramezan.

 

La section Love in translation accueille entre autres Leur Algérie, de Lina Soualem, qui filme ses grand-parents, au bord du divorce après 62 ans de vie commune, en exil en France. « On est bord du ravin, lui plus près, moi un peu derrière », glousse sa grand-mère. A découvrir dans la bande-annonce truculente.

I'm leaving now explore la difficile question du retour au Mexique pour Felipe, qui a vécu 16 ans à Brooklyn.

 

Enfin, la section Exil et environnement rassemble trois films poignants : Marcher sur l'eau de Aïssa Maïga, tourné dans le nord du Niger et qui revient sur les difficultés d'approvisionnement en eau, qui obligent des femmes à parcourir des kilomètres... Funisato : rester malgré tout, de Thorsten Trimpop, montre les victimes japonaises de Fukushima revenues vivre sur les terres contaminées.

Le périmètre de Kamsé, de Olivier Zuchuat,explore aussi la question de la désertification et de la lutte pour l'eau que mènent les Burkinabés. Chantier pharaonique.

 

Alors que les images de nos médias sont toujours plus poignantes et anxiogènes, ce festival exigeant et revigorant nous incite à prendre un peu de recul et à regarder autrement les migrations. Salutaire.

 

 

 

Le monde kanak en deuil


Nous avons appris ce lundi 11 octobre la mort de Alban Bensa, anthropologue, dont nous apprécions grandement le travail sur les Kanak, et au-delà le regard sur l'altérité et l'exotisme.

Nous l'avions sollicité pour le volet Kanak de Bretagne-et-Diversité.

 

Quelques extraits de l'article de Chloé Leprince, de France Culture.

 

« Politiquement, découvrir les logiques coloniales (Bensa dira “apartheid”) rapprochera le chercheur de ses enquêtés, et une intense amitié le liera par exemple jusqu’à la mort à Jean-Marie Tjiabaou - et bien d’autres encore. Intellectuellement, il rompra avec l’ethnologie telle qu’elle se pratiquait majoritairement en France, sous l’égide de Claude Lévi-Strauss, dénoncera la tendance à l’exotisme et un goût de l’ailleurs pittoresque tellement suspect. »

 

(…)

 

« Lui-même pourtant avait été traversé par ce goût de l’ailleurs, qui l’avait cueilli, jeune adulte grandi à Paris mais familier des côtes bretonnes. Là-bas, il aurait bien cru devenir pêcheur si l’affaire tournait mal et c’est en apprenant à mouliner et tandis qu’il écoutait parler breton, qu’il avait compris qu’il ferait de cette curiosité un métier. Il ignorait probablement alors qu’il bousculerait les façons de le faire, dénonçant la naïveté des anthropologues en quête du sauvage éternel, et le surplomb du chercheur. Pourfendant, surtout, la fixité des tableaux que pouvaient rapporter ces guetteurs d’exotisme là où lui entendra montrer des histoires en mouvement, et des sociétés travaillées par l’histoire comme le rocher par la pluie - jusque dans le temps d’aujourd’hui. »

 

(…)

 

« En 2015, avec deux autres auteurs (Adrian Muckle et Kacué Yvon Goromoedo), Alban Bensa faisait paraître un magnifique recueil chez Anacharsis, la mainson d'édition où il avait la responsabilité des livres d'anthropologie, et où il co-dirigeait une collection, "Les Ethnographiques" : ce sera Le Sanglot de l’aigle pêcheur. Un magnifique recueil de 700 pages, compilant (avec un formidable appareil critique) des récits et de la poésies sur la guerre kanak de 1917. Cette année-là, les tribus kanaks s'étaient soulevées contre l'administration coloniale française.

C’est peut-être d’abord ceci qu’il faut aller trouver aujourd’hui si vous voulez découvrir le travail d’Alban Bensa. Pour son regard sur le temps long qui court sur une mémoire kanak depuis un siècle. Mais aussi pour la voix de ceux dont il nous a rapporté les mots et les façons de dire, au long cours, la violence, le sort colonial, et aussi des manières de vivre, toujours en mue, toujours vivantes. Peut-on y voir un mémorial de papier alors que Jean-Marie Tjibaou disait “Notre identité est devant nous” ? Ce livre, et la bande son qui l’accompagnait, demeurent en tous cas à la fois un formidable témoignage de l’œuvre d’un chercheur au plus près de son terrain, et une trace sans pareille de la souveraineté intellectuelle du peuple kanak. »

 

A découvrir en images

Les sanglots de l'aigle pêcheur, partie 1 – Editions Anarchasis

 

Des saints guérisseurs du Perche aux Kanak de Nouvelle-Calédonie

 

 

Journées européennes du patrimoine


Comme chaque année, la rentrée culturelle est marquée par les Journées européennes du patrimoine. Alors que cette 38ème édition célèbre le patrimoine pour tous, la Cinémathèque de Bretagne propose une programmation riche et diversifiée du Finistère à l'Ille-et-Vilaine en passant par la Loire-Atlantique. L'ensemble de ces propositions est gratuite et ouverte à tou.te.s.
 
Compte-tenu de la situation sanitaire, les modalités d'accueil du public sont susceptibles d'évoluer. Restez attentif.ve.s aux mises à jour sur le site internet de la Cinémathèque de Bretagne (www.cinematheque-bretagne.bzh).
 

Quelques-uns des films proposés :


À BREST (29)
 
DERRIÈRE LA CAMÉRA - Visites guidées - 2 avenue Clemenceau
L'équipe de la Cinémathèque de Bretagne vous accueille et vous fait découvrir les coulisses des archives audiovisuelles. Collecte, conservation, valorisation, autant d'étapes indispensables à la préservation du patrimoine.
INÉDIT : Pour cette édition 2021, et pour la première fois, la collection d'appareils cinématographiques conservés à la Cinémathèque de Bretagne sera accessible au public.
Samedi et dimanche à 11h, 14h30, 15h30, 16h30 et 17h30.
Réservation obligatoire au 02 98 43 53 55 ou amelie.grosjean@cinematheque-bretagne.bzh
 
SILENCE, ÇA TOURNE - Projection - Espace Vauban, 17 avenue Clemenceau
A l'heure du numérique, où a donc disparu le son du projecteur dans les salles de cinéma ? La Cinémathèque de Bretagne propose de se replonger dans l'ambiance d'une projection en 9,5 mm.
Samedi à 18h30
 
BELLEVUE SUR IMAGES - Projection - Salle Outremer, Centre social de Bellevue, 1 rue Pierre Trépos
Alors que le quartier de Kerbernier s'engage dans une période de réaménagement urbain, les images d'archives permettent de se souvenir, de témoigner, de partager et de se projeter vers l'avenir. Le centre social de Bellevue et la Cinémathèque de Bretagne proposent une programmation créée avec les habitant·es.
Dimanche à 15h - Réservation obligatoire au 02 98 03 08 69.