Coup de coeur

Trames


8 mars. On déniche sur bed.bzh un film qui raconte une belle aventure, internationale et artistique, reliant des femmes du monde entier. C’est Trames, de Doris Buttignol, une réalisatrice dont vous pouvez retrouver le portrait ICI. C’est l’histoire de la broderie comme fil rouge d’une création collective, mêlant l’intime et le politique : la Couverture Vivante.

L’idée : un carré de tissu cousu, brodé, peint ou décoré, comme un autoportrait textile d’une femme, d’une lutte, d’un message adressé au monde. On y lit des rêves de jeunes autochtones canadiennes, d’enfants d’Argentine ou de vieilles dames bretonnes. Et la couture devient le mode d’expression de celles qui n’ont pas la parole. Assemblés, ces carrés forment de grandes couvertures où dialoguent les espoirs, les cultures et les identités. Le film se fait le témoin de cette aventure et part à la rencontre de quelques unes de ces femmes brodeuses, de ces initiatives locales et de ces grands défis. Sur bed.bzh, retrouvez les thématiques Art et Femmes, pour célébrer la diversité des images et des quotidiens.

Recardo Muntean Rostas


Un portrait, une rencontre, un voyage… La caméra de Stanislas Zambeaux nous embarque en immersion, sur un vague air d’accordéon, dans la vie de Recardo Muntean Rostas. Recardo est un anonyme, un héros, un enfant, un mendiant, un Rrom. Il fait des rêves, des grimaces et des galipettes. Il fait aussi la manche, les papiers administratifs de ses parents et prend de grandes décisions.

Recardo a 7 ans. Mais c’est lui qui décide ce qu’il fait de ses journées. Son père est à l’hôpital, sa mère est fatiguée. Recardo est espiègle, malin, adulte. Déjà. Et la caméra qui le suit, invisible, à sa hauteur, nous plonge dans le quotidien de cet enfant, de cette famille et de la condition rrom dans le Bruxelles d’aujourd’hui. A la banque, à l’école, dans la rue ou le parc de jeux, Recardo est malgré lui une interface entre deux mondes trop différents. Et le film dévoile l’envers du décor, celui d’une petite famille dans une grande ville. Quelque part, aujourd’hui, Recardo a 15 ans…  

Lever de drapeau papou filmé par un otage


Le titre est explicite. Le film n’en est pas moins surprenant. En 2001, deux journalistes belges, Philippe Simon et Johan Van den Eyden sont pris en otage par des guerriers de l'OPM (organisation pour la libération de la Papoua). Après deux mois de captivité, leurs gardiens leur demandent de filmer un Lever de drapeau, cérémonie interdite dans la région par l’armée indonésienne.

Les Papous veulent ainsi attirer l’attention internationale sur le fait qu’ils sont eux aussi otages de la République Indonésienne, revendiquer en image leur culture et leur identité. Les réalisateurs s’exécutent et nous livrent ici un témoignage unique de ce moment et de la lutte d’un peuple qui entend retrouver sa liberté. Peu de mots, beaucoup de chants et de musique, d’agitations et de visages : le spectateur plonge avec la caméra dans l’excitation d’un moment historique qui convoque les armes, la culture et la politique. Déclaration d’indépendance d’un peuple oublié, rencontre avec les hommes et les femmes réunis ce jour-là … Les otages filment des otages, et nous offrent mille découvertes sur cette culture méconnue.

La déchirure


Direction Haïti. Plongée en paradoxe. En 2011, des étudiants en droit de l’Université des Gonaïves choisissent Duvalier comme parrain de leur nouvelle promotion. Duvalier, ancien dictateur, a été chassé du pouvoir en 1986, grâce, entre autres, à la mobilisation des habitants des Gonaïves. Feguenson Hermogène se questionne et nous livre La déchirure : Haïti vit-elle encore sous l’emprise d’un régime déchu ?

Images d’archives et entretiens avec des témoins d’hier et d’aujourd’hui tentent de répondre à cette question cruciale, de creuser les raisons de ce virage paradoxal. Le tout enveloppé dans une musique qui apaise les tensions encore vives. Les plans séquences nous plongent dans le quotidien des habitants de l’île et la voix off du réalisateur nous entraîne dans une enquête passionnante sur l’héritage de la dictature et la difficile reconstruction démocratique, nous transmet ses doutes et nous fait part de ses réflexions. Faut-il oublier ou transmettre ? Le film d’école de Feguenson Hermogène, est déjà une victoire.  

Bisaiak


Un nouveau film basque est en ligne sur bed.bzh. Bisaiak, réalisé par Ibai Aguirrebarrena Mendiboure, Eneko Etxegarai, Mikel Petuya et David Rodrigues revient sur l’engagement de quelques citoyens aux parcours ordinaires mais qui, un jour, ont résisté à leur manière et sont emparés de la cause basque. Pour beaucoup, une évidence…

De longs entretiens entrecoupés de chants basques, d’épisodes dansés et de musique répondent à la question des réalisateurs : pourquoi fait-on le « saut » de la résistance ? Comment s’engage-t-on dans une lutte qui ne vous lâche plus ? Que ce soit un jour en ouvrant la porte à un réfugié ou en défendant un média libre, en revendiquant un militantisme assumé ou en se réclamant d’une simple conscience citoyenne, toutes et tous transmettent un pan de la mémoire collective basque. Un documentaire qui met aussi en lumière une nouvelle génération de documentaristes basques qui s’affranchit des codes pour jouer avec les formes.