Coup de coeur

Juste une odeur : le talent sobre de Maher Abi Samra


A découvrir : le talent et la sensibilité du réalisateur libanais Maher Abi Samra, qui en moins de dix minutes, parvient à nous faire respirer l’odeur de la mort... Dans Juste une odeur, il opte en Juillet 2016 pour la sobriété. On est en plein conflit avec Israël, ce qu’on a appelé la guerre des 33 jours, au cœur de l’été...Noir et blanc, silences et fêlures, quand les vivants doivent rester debout au milieu des décombres. Si loin de notre société de consommation, qui refuse de garder les yeux grands ouverts.

Breiz Nevez sur Ciné-archives


Pour commencer l’année, un petit bijou de Ciné-archives, le fonds audiovisuel du PCF, qui met régulièrement en ligne des documents singuliers. Le document de 11’ s’intitule Breiz Nevez. On y entend en voix off Marcel Cachin, à l’époque sénateur et directeur de l’Humanité, nous commenter les durs travaux des pêcheurs et agriculteurs. Rien n’est oublié : ni les clochers décapités du pays bigouden, révolte des bonnets rouges oblige, ni la langue bretonne, capitale à ses yeux . Ce qui nous vaut une Internationale en breton !
Non, rien n’y manque : ni les danses folkloriques, ni les brodeurs mis en scène sur la lande ou les femmes en coiffe, « posées » dans les rochers.
Le discours de Marcel Cachin, également Président des Bretons émancipés de Paris, vaut aussi le détour : conforter le Front populaire, mais aussi défendre la culture bretonne et ses traditions... On était en 1938, à Pont-l’Abbé.

L'Afghanistan par Guillaume Bordier


Pour la première fois, hormis les extraits des films de Christophe de Ponfilly sur l’Afghanistan, parmi lesquels le très beau Massoud l'afghan, BED s’enrichit d’un magnifique film sur le quotidien à Hérat, dans l’ouest de ce pays.
L’empreinte est un film de 2008, tourné sans un sou mais avec le plus grand respect. Le réalisateur indépendant , Guillaume Bordier, a séjourné longuement dans cette petite ville, avant de retourner poser sa caméra au milieu d’un fournil, dont il avait fréquenté longuement les ouvriers boulangers auparavant.
Labeur, cadences infernales, juste place de la caméra, présence assumée du réalisateur qui n’hésite pas à rire avec ses acteurs-mitrons, le pari réussi de ce film est de nous parler d’humanité, sans pathos ni voyeurisme.

Petites merveilles de films d’animation, entre Québec et Haïti !


Une fois n’est pas coutume, nous nous intéressons à deux courts films d’animation d’une Québécoise d’origine haïtienne, Martine Chartrand. Le premier, Âme noire, maintes fois primé, nous entraîne au cœur des luttes des noirs américains, et ce voyage passe bien entendu par la musique black. Cette suite d’évocations s’impose tranquillement par le métissage des rythmes : percussions africaines, gospel, blues et jazz ... A déguster.

Le second, actuellement en tournée en Bretagne dans le cadre du Mois du Doc, mais que vous pouvez aussi découvrir en intégralité, s’intitule MacPherson et raconte l’étrange et bouleversante amitié entre le jeune chanteur Félix Leclerc, et un ingénieur-chimiste jamaïcain, qui fut son voisin et ami, dans les années 30. Pour aller plus loin dans ce beau voyage, le film de Serge Giguère, Le mystère MacPherson, revient sur les conditions de création et de réalisation de ce film d’animation. On y voit Martine Chartrand mener jour après jour ce travail de peinture mais aussi sa propre quête identitaire. Une interview du réalisateur ici, avant d’aller le traquer dans les salles de cinéma !

René Vautier nous agite toujours !


Allez vous balader sur le site des Les mutins de Pangée : on y trouve absolument tous les hommages organisés en mémoire de René Vautier, et les productions de cette maison atypique, où il fait bon ruer dans les brancards ! Parmi tous leurs films, deux magnifiques DVD-Livres, l’un intitulé Afrique 50 et l’autre René Vautier en Algérie, qui regroupe 4 DVD dont Avoir 20 ans dans les Aurès.
Également Algérie, tours/détours, de Leïla Morouche et Oriane Brun-Moschetti, un film qui radiographie la société algérienne et revient sur l’utilité sociale du cinéma.
Le vieux Vautier n’a pas fini de nous agiter !