Coup de coeur

Voyage au centre de la carte


Surprise ! Avec Voyage au centre de la carte, le cartographe de Bed s'invite parmi les documentaires des Peuples du Caucase et les films environnementaux… Et oui, Philippe Rekacewicz, alias Reka, cartographe, artiste et journaliste, ne fait pas que crayonner les rivières, les mers et les frontières.

Il les parcourt, les arpente et les étudie aussi, les deux pieds dans les eaux viciées d'une zone transfrontalière du Caucase, analysant causes scientifiques et conséquences sociologiques. Avec son appareil photo, ses fonds de carte et ses crayons, Reka, l'ancien routier nul en géographie, mène une enquête cartographique passionnante et nous embarque avec lui sur un territoire complexe et fascinant, décryptant la discrimination des minorités dans la couleur d'un ruisseau, détectant les problèmes de société dans les boues polluées...

Kazim Öz


La famille des réalisateurs interviewés sur Bed s'agrandit. Retrouvez le portrait de Kazim Öz, réalisateur kurde, rencontré cet été sur la place du Festival de Cinéma de Douarnenez lors d'une édition dédiée aux Turquies.

 

Autodidacte, travailleur acharné, scénariste, réalisateur, monteur, et même parfois compositeur, Kazim Öz a reçu de nombreux prix pour ses films, au générique desquels il s'invente des pseudos "pour être plus crédible". Parce qu'ils parlent des Kurdes, tous sont censurés en Turquie, mais sur Internet et ailleurs, ils voyagent. Et nous emmènent dans les montagnes, avec les paysans nomades ... Ax et le Photographe, deux de ses premiers longs métrages, seront bientôt en intégralité sur Bed. 

Je reviendrai comme un enfant


Chez les Inuit, « être », c'est « se souvenir » de ceux et de celles qui ont été avant soi.

Voilà en substance le propos de Je reviendrai comme un enfant, un documentaire de Christian Merlhiot, tourné à Igloolik en 2013, désormais en intégralité sur Bed.

En diffusant à la radio locale de la ville l'enregistrement de la voix d'une vieille dame sédentarisée dans les années 60, l'équipe recueille les témoignages d'habitants qui évoquent sa mémoire, la leur, celle de la communauté. Le réalisateur explique : « Ce qui est énoncé dans le film de révèle pas la singularité d'un peuple et d'une culture mais le bien commun dont chacun dispose pour se construire et se situer dans le monde. »

Je reviendrai comme un enfant, un beau film riche d'enseignements. Et l'occasion de revoir les films incontournables de Zakarias Kunuk, premier réalisateur Inuit qui dit de ses acteurs non professionnels qu'ils "performent" leurs ancêtres. En intégralité sur Bed : Atanarjuat, premier scénario écrit et réalisé en inuktitut, Angirattut, et The journals of Knud Rasmussen.

La géopolitique du bouledogue


Sur Bed, parmi les quelques 700 films documentaires se cachent quelques petits courts-métrages d'animation. Courts, mais denses, intenses. C'est le cas de Britannia, de Joanna Quinn.

Un bouledogue trépignant sur son île, salivant sur le monde entier, effrayant les habitants des autres continents et pillant, entre ses griffes, les ressources nécessaires au tea-time so british .. Voilà en substance ce que racontent les images crayonnées de Joanna Quinn, transformant une planète en théière et ainsi de suite ... l'appétit de l'Empire Britannique semble n'avoir pas de limites. Le chien est féroce, et la fin, dont on ne vous dira rien, l'est tout autant ! Un petit film mordant.

Les petites planètes de Vincent Moon


La musique. Encore et toujours. Ici et ailleurs. Loin, le plus souvent. C'est ce qui anime Vincent Moon, réalisateur insatiable, collectionneur amoureux des musiques du monde. Un projet gigantesque, qui le mène aux quatre coins de la planète, et notamment là, dans ce petit coin de la planète en miettes, le Caucase. Parmi ces 600 films, Kona, sur le paganisme en Ossétie du nord, et d'autres courts instants d'émotions à voir et revoir sur Bed.

Chaque fois, une pépite, une émotion unique. En filigrane, spiritualité ou révolte, espoir ou mémoire, chaque fois quelques notes du monde et de l'humanité. Du soufisme en Tchéchénie avec Le grand Jihad à l'émotion pure d'un pianiste arménien (Arménie, par la grâce de Dieu), en passant par Polikarpé, les souvenirs d'un chanteur géorgien et les musiciens d'Azerbaïjan, l'école du vent, mais aussi, parce que celui là est un voyageur infatigable, en faisant un détour par le souffle d'un sculpteur de rêves aborigène, on ressort envoûté des films de Vincent Moon, bercé par la douceur des voix, des sons et des images …

Retrouvez un article d'Erwan Larzul, critique musical, sur ce réalisateur hors pair, pour mieux découvrir son projet et son univers.